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Le professionnalisme serait la cerise sur le gateau

Source : telquel

aouzalPremier vice-président et deuxième homme fort de la Fédération royale marocaine de football, Mohamed Aouzal aborde dans cet entretien les grandes questions qui remuent la scène footballistique marocaine.


La Fédération vient de nommer Henri Michel à la tête des équipes nationales. Pourquoi lui ?


C'est un technicien reconnu au palmarès éloquent. Lors de son premier passage à la tête de l'équipe nationale, il avait réalisé d'excellents résultats dont, entre autres, la prouesse de hisser le Maroc à la dixième place du classement mondial. Nous avons donc estimé que c'était l'homme le mieux placé pour prendre les rênes d'une équipe nationale qui s'apprête à disputer les phases finales de la CAN 2008 au Ghana, mais également les éliminatoires de la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud.


Doit-on en déduire qu'il y a eu consensus autour de sa personne ?


Je dirais plutôt un quasi-consensus. La FRMF est une instance démocratique et il va sans dire qu'une décision aussi importante a été largement débattue. Naturellement, il y a eu quelques réticences…


Aussitôt nommé, Henri Michel a déclaré que sa priorité était la Coupe du monde. Et la Coupe d'Afrique des nations ?


Je ne suis pas sûr que Michel ait réellement dit cela. Ce que je sais, en revanche, c'est que les objectifs qui lui ont été assignés dans le contrat passé avec la FRMF sont très clairs : aller le plus loin possible dans la CAN 2008 et se qualifier impérativement à la Coupe du monde 2010.


Sa première sortie face au Ghana n'a pourtant pas été une réussite ?


Sur le papier, le Maroc a certes perdu ce match en encaissant deux buts. Mais notre équipe n'a pas démérité pour autant. Elle a produit un football de bonne qualité. Et honnêtement, je préfère que l'on perde un match amical plutôt qu'un match officiel.


Honnêtement toujours, M'hammed Fakhir a-t-il été limogé ?


Il ne s'agit nullement d'un limogeage, mais plutôt d'un départ convenu d'un commun accord. M'hammed Fakhir est un cadre de grande valeur. Il a eu le courage, après la démission de Zaki Baddou, d'accepter de prendre en main une équipe meurtrie, suite à sa disqualification du Mondial 2006. Et en la qualifiant à la CAN 2008, il a largement rempli sa part du contrat.


Cela n'a pas dû l'enchanter de livrer à Michel une équipe qualifiée clefs en main…


C'est vous qui le dites. Certes, un départ est toujours quelque chose de triste et je comprends que M'hammed Fakhir soit mécontent. C'est humain. Mais il était au courant de l'accord préalable établi avec la Fédération, et il a accepté en toute sportivité de passer le relais à son successeur.


Il se dit que l'ex-capitaine des Lions de l'Atlas, Noureddine Naybet, allait être nommé au sein de la FRMF…


Vos informations sont exactes. Naybet est un garçon talentueux, qui a beaucoup donné au football marocain et qui peut toujours donner. C'est pour cela que nous avons fait appel à son expérience en tant que conseiller au sein du bureau fédéral et auprès du staff technique. Et il n'est pas le seul. Aimé Jacquet, l'ancien sélectionneur de l'équipe de France, sera également conseiller auprès de la commission technique.


On attend toujours le coup de départ du championnat national. Pourquoi ce retard ?


Effectivement, il y a retard. Mais si le début du championnat a été fixé cette année au 22 septembre, c'est parce que nous sommes en plein processus de mise à niveau des infrastructures footballistiques. Plusieurs stades sont toujours en chantier, notamment ceux d'Oujda, de Tétouan, de Salé et de Meknès, qui vont être équipés de pelouses synthétiques. Dans ces conditions, où voulez-vous que les matchs soient disputés ? On aurait aimé commencer plus tôt, mais Allah ghaleb, on ne pouvait pas aller plus vite.


Il fallait peut-être commencer les travaux plus tôt, pour les terminer à temps...


C'est plus facile à dire qu'à faire. Le contrat-programme a été signé le 7 juillet 2005, mais ce n'est pas pour autant que les travaux pouvaient démarrer le 8. Sérieusement, la signature du contrat-programme n'est que l'embryon d'un travail colossal, qui a nécessité plusieurs mois de réflexion avant d'être bouclé.


Dans ces conditions, le passage du football marocain au professionnalisme apparaît comme un lointain mirage ?


Le professionnalisme serait en quelque sorte la cerise sur le gâteau. On ne pourra en parler qu'une fois la mise à niveau des infrastructures et des clubs achevée. Il faut en effet que les clubs marocains acquièrent une gestion digne de ce nom. C'est pour cette raison qu'un partenariat a été conclu avec l'ISCAE, pour la mise en place d'un cycle de formation spécialisé dans la gestion des clubs sportifs.


Où en sont les travaux de stades lancés dans le cadre de la candidature du Maroc pour le Mondial 2010 ?


Je me suis déplacé tout récemment à Tanger et à Marrakech, pour m'enquérir de l'état d'avancement des travaux des complexes sportifs en cours de construction. Et j'ai été agréablement surpris. Croyez-moi, les deux terrains prennent forme et les travaux évoluent selon un rythme tout à fait normal, comme si le Maroc devait toujours accueillir la Coupe du monde.


La FRMF est souvent mise à l'index comme étant la chasse gardée des militaires. Qu'en pensez-vous, vous autres civils ?


Sincèrement, je ne prête aucune attention à ce genre de polémiques. Les militaires sont avant tout des Marocains. Et ils comptent parmi eux autant de compétences que ceux que vous appelez “les civils”. Du moment qu'ils peuvent apporter leur contribution, je ne vois aucune raison de les écarter de la gestion du football.


Toujours est-il que la FRMF est présidée, depuis les années 70, par des militaires...


Hormis son grade de Général, Hosni Benslimane est d'abord un fin connaisseur du football, qu'il a pratiqué de longues années durant. En 1999, il a été plébiscité à la présidence de la FRMF, en raison des excellents résultats de son mandat provisoire. Et sous sa présidence, le budget de la FRMF est passé de 4 MDH en 1994 à 150 millions de dirhams aujourd'hui. Ce n'est pas rien !


La FRMF est-elle une instance souveraine dans toutes ses décisions ? Ne subit-elle pas des pressions externes ?


La FRMF est parfaitement indépendante. Elle est gérée par un bureau fédéral qui ne subit aucune sorte de pression. Ce bureau a toute latitude pour gérer le football national en toute transparence. La FRMF est par ailleurs assujettie aux règlements de la FIFA qui n'admet aucune dérogation. Le moindre écart est sévèrement sanctionné.


Le football marocain souffre-t-il de l'absence d'un ministère des Sports ?


C'est une question de politique étatique qui me dépasse. Une telle décision ne peut être prise qu'à haut niveau, celui du premier ministre notamment. Tout ce que je peux dire, c'est que même en l'absence d'un ministère des Sports, nous n'avons jamais ressenti le moindre blocage. Chaque fois qu'un problème se pose, nous nous adressons directement à la primature et nous avons toujours eu des réponses instantanées. Ce qui est un privilège.

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