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Comment les Lions de l'Atlas en sont arrivés là ?

Source : MAP


Lemerre JamalLa sélection marocaine de Foot-Ball vient d'achever ce week-end une des plus désastreuses campagnes de qualification de son histoire, après avoir terminé dernière du groupe A des éliminatoires combinées Mondial/CAN 2010, avec le médiocre bilan de trois matches nuls, autant de défaites et trois buts inscrits en six rencontres.



Ce drame en six actes s'est terminé pour les Lions de l'Atlas comme il a commencé: par une défaite à domicile, cette fois-ci contre le Cameroun de Samuel Eto'o (0-2) venu à Fès, composter son ticket pour le Mondial sud-africain.



Au-delà du résultat, qui reste une suite logique d'une série de déceptions qui ont usé au fil des matches le moral et la solidité de l'équipe, c'est la manière et, surtout, les conditions ayant entouré la préparation de l'équipe qui laissent à désirer.



Le groupe formé par le sélectionneur national Hassan Moumen sur le tas, puis remanié aux derniers jours avec les "pièces de rechange" disponibles, sous la pression des absences, dont plusieurs ne sont pas justifiées d'une manière convaincante selon l'entourage de l'équipe nationale, n'a pu tenir que 20 minutes devant les Lions indomptables avant de céder complètement et assister, impuissant, à un monologue camerounais où les joueurs marocains, évoluant pourtant sur leur "scène", se sont contentés d'un rôle secondaire: celui de défendre et de limiter les dégâts.



Mais comment en est-on arrivé là, sachant que ce ne sont pas les potentialités qui manquent à la sélection nationale, qui dispose de joueurs de grande valeur, dont plusieurs font le bonheur de leurs clubs en Europe?.



Pour diagnostiquer la situation, Moumen, qui défendait son bilan lors d'une conférence de presse suite au match Maroc-Cameroun, a reproduit les propos de l'entraîneur Mustapha Madih, qui avait dit un jour qu'"on change en permanence de chauffeur alors que le problème se trouve dans l'autocar".



Une métaphore qui en dit long sur une politique footballistique focalisée sur l'équipe senior et, par conséquence, la recherche de résultats immédiats. Et, quand on s'acharne sur les résultats, c'est l'entraîneur qui paie les pots cassés en cas de contre-performance, ce qui explique la valse des sélectionneurs qui se sont succédés aux commandes de l'équipe nationale, notamment lors des dernières années.



Cependant, le vrai problème se trouve ailleurs. A ce propos, Moumen a fait allusion à des "choses" qu'il a " découvertes au sein de l'équipe nationale" et qui "restent à revoir et à repenser". Il a prôné le changement de la méthode de travail au niveau de la base, pour en récolter les fruits au niveau de l'équipe senior et appelé à ne pas se contenter du "produit fini" des championnats européens et combler les lacunes des championnats nationaux, pour qu'ils jouent pleinement leur rôle de pourvoyeurs en joueurs des équipes nationales.



Un discours raisonnable qui se répète après chaque déroute, avec des doses d'audace et des visions qui diffèrent d'un sélectionneur à l'autre, mais qui reste sans suite sur le terrain. Sans suite ou presque, puisque le Maroc disposait dans un passé proche d'une équipe seniors solide et d'une relève plus prometteuse encore. Il s'agit de la sélection conduite par Baddou Zaki, qui est parvenue à la finale de la CAN 2004 en Tunisie et a donné du fil à retordre aux Aigles de Carthage avant de rater un deuxième sacre africain pour le Maroc (défaite 2-1).



A cette époque, les supporters marocains étaient aux anges, surtout qu'une année après, une jeune formation conduite par Fathi Jamal, l'équipe juniors, a fait sensation à la Coupe du monde aux Pays-Bas (4è place).Mais il a fallu une campagne de qualification pour le Mondial-2006 ratée sur le fil pour rompre le lien avec Zaki, sans le moindre égard à ses performances avec l'équipe nationale et au travail qu'il a accompli.



L'équipe juniors, elle, a perdu de son éclat, chutant lourdement lors des éliminatoires des JO-2008 de Pékin. Il n'en reste aujourd'hui que quelques joueurs convoqués de temps en temps à l'équipe nationale et dont le talent n'est pas parfaitement mis à profit, comme Abdessalam Benjelloun ou Karim El Ahmadi, qui, d'ailleurs, étaient de la partie contre le Cameroun.



Le résultat de ce grave ratage a été une succession vertigineuse d'entraîneurs: six depuis 2005, avec un record de passage éphémère pour le Français Philipe Troussier (entre octobre et décembre 2005), une équipe chamboulée en permanence et, par conséquence, manquant d'homogénéité et d'efficacité, des échecs en série (CAN 2006 et 2008), une absence des compétitions continentales et internationales des jeunes catégories et une nette dégringolade au classement mondial: de la 33è place en 2004 à la 63è en octobre dernier.



Les plus optimistes verront en cet échec un bon signe, car l'histoire dit que les meilleures équipes nationales sont nées du ventre de la déception est que c'est quand on les attend le moins que les Lions de l'Atlas font mouche. D'ailleurs c'était le cas lors de la CAN-2004. En plus, quand on touche le fond, on remonte forcément, à moins qu'on creuse encore vers le bas ou qu'on y reste, ce qui ne risque pas d'arriver avec le football marocain riche par ses joueurs talentueux, ses cadres qualifiés et sa longue histoire.



Et si en ces moments de désillusion on a besoin d'une lueur d'espoir en guise de réconfort, il faut juste remonter le temps quelques semaines auparavant et se remémorer la performance lors de Jeux de la Francophonie à Beyrouth, lorsqu'une équipe de jeunes joueurs marocains (3è place), réunis juste en dix jours par les cadres nationaux Mustapha Haddaoui et Abdellah Idrissi a fait sensation.



Certes, les Jeux de la Francophonie ne sont pas une compétition majeure qui pèse lourd dans le palmarès des équipes, mais c'est dans ce genre de rendez-vous que les différentes écoles footballistiques affûtent leurs armes secrètes pour l'avenir.



L'illustration la plus parfaite en est que l'ossature de l'équipe de la Côte d'Ivoire, qui a peiné avant d'arriver à bout de la sélection marocaine en demi-finale (1-2), est formée de joueurs qui évoluent ensemble depuis qu'ils étaient cadets. Un exemple à méditer.


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