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Le Maroc dévoile sa nouvelle stratégie Sport

Source : l'économiste


Moroccan Sport strategySalaires, couverture sociale, assurance maladie, retraite , "le footballeur aura le statut d'un salarié à part entière", annonce Moncef Belkhayat, ministre de la Jeunesse et des Sports. Tout un chantier.



Une direction technique nationale (DTN) qui sera structurée sur une base de segmentation par type d'âge, permettant justement à la fédération d'inverser la pyramide. Il y a tout un travail de formation qui sera enclenché et des annonces relatives à l'accompagnement des équipes nationales, notamment par rapport aux entraîneurs. Pour les clubs, le ministère de tutelle est en train de mener un travail avec la fédération autour de la loi sur l'éducation physique et sportive. Cette loi a été, rappelons-le, adoptée au Conseil de gouvernement et qui va passer en Conseil des ministres dans quelques semaines, ensuite dans le circuit législatif. Selon le ministre, "cette loi va nous permettre d'opérer la mise à niveau de la législation marocaine par rapport à l'environnement international, tant au niveau des règles, de l'image, du sponsoring, du marketing, des intermédiaires ". Autant dire que tout l'environnement du football sera désormais régulé par des textes de loi.



Autre aspect important de la nouvelle loi, sa capacité à permettre la modernisation des associations sportives et autres clubs. "Cette modernisation part d'un principe important qui est l'unicité de l'association sportive", explique Belkhayat. Cette unicité, selon le ministre, va favoriser davantage l'émergence des clubs omnisports. Par club omnisports, la tutelle entend "des associations sportives ayant au minimum 6 sections dont au moins deux professionnelles". Ce minimum de 6 sections devra permettre aux clubs de gérer 6 disciplines sportives différentes dans le cadre d'un comité directeur et de comités de section. Le choix des disciplines reste à la discrétion des clubs. Mais à la condition d'avoir un minimum de deux sections regroupant des acteurs professionnels. Force est de constater que ce modèle s'appliquera d'abord au football avec la mise en place d'une ligue professionnelle. A ce titre, le ministre promet un championnat national professionnel dès la saison 2011/2012.



Le mérite de la nouvelle loi réside aussi dans sa capacité à permettre aux 16 grands clubs de se transformer en société anonyme (SA). Ce qui revient à dire passage au professionnalisme. "Tous les grands clubs sont concernés. Particulièrement ceux qui peuvent se mettre à niveau", confie le ministre.



"L'on ne peut avoir une grande équipe nationale sans un grand championnat formé par de grands club puissants sur le plan financier surtout", tient à préciser Belkhayat au lendemain de la défaite des Lions de l'Atlas à Fès face au Cameroun, comptant pour les éliminatoires combinées Mondial/CAN 2010.



La Fédération de football (FRMF) compte 750 clubs, 11 ligues et quelque 57.000 licenciés. Le problème de cette Fédération aujourd'hui, dont tout le monde est conscient, est que "la pyramide est inversée". C'est-à-dire que la majorité des licenciés sont des seniors. Où sont les juniors, les minimes, les benjamins, les cadets? s'interroge la nouvelle équipe à la tête du ministère. C'est justement l'un des chantiers de Fassi Fihri. D'ailleurs, la Fédération de football va dévoiler, dans les prochains jours, un travail de fond, en réunion fédérale.



Un chantier important lié à la DTN, au choix de l'entraîneur, à la formation D'ailleurs, le quartet d'entraîneurs chapeauté par Hassan Moumen vient d'être congédié. La nomination d'un nouvel entraîneur étranger et de rang international sera annoncée par la Fédération dans les jours qui viennent. "Seul un entraîneur disposant des qualités de manager et qui plus est sait parler à des stars du rang de Chammakh ou Taarabet pourra relever le challenge", estime Belkhayat.



Les résultats d'un benchmark récent entre les clubs au Maroc, en Tunisie, en Egypte montrent à quel point les disparités sont grandes: alors que la moyenne du budget d'un club est entre 10 et 30 millions de DH au Maroc, elle est de 30 à 100 millions en Tunisie et de 70 à 300 millions de DH en Egypte! "Il n'y a pas photo", admet le ministre.



Le statut des joueurs leur permettra désormais d'avoir un contrat de travail. Ainsi, tous les footballeurs seront déclarés à la CNSS, auront droit à une assurance maladie et une retraite... c'est du moins ce que promet le ministre des Sports. "Ils auront tous les avantages d'un salarié, tout en prenant en compte leur courte carrière", poursuit Belkhayat.



Sur cette base, le ministère des Finances et l'administration générale des Impôts vont accompagner la Jeunesse & Sports dans le cadre d'une période de transition, permettant de faire rentrer tout un business autour de 260.000 licenciés à travers 44 fédérations. L'ambition est de passer progressivement de la situation actuelle, caractérisée par l'informel, vers un statut social plus structuré. Sachant que la loi actuelle oblige toutes les associations à faire leur déclaration fiscale. Sauf que, reconnaît le ministre, "rares sont celles qui le font". Par conséquent, la tutelle a trouvé un terrain d'entente avec l'administration générale des Impôts pour gérer la période de transition. Celle de mise à niveau sur le plan juridique et fiscal de l'ensemble des clubs qui sont appelés à déclarer leurs comptes.



Cette phase transitoire devra laisser aux clubs le temps de former des footballeurs. Ces derniers vont générer des revenus sur les produits de cession et s'acquitteront des impôts le ministre se donne 4 à 5 ans pour voir la machine s'emballer. "On devrait être aux normes en 2016, à l'occasion de l'organisation de la Coupe d'Afrique au Maroc". Voilà qui est dit, le Maroc se porte déjà candidat pour abriter la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) de football. "On mettra tout le travail et le lobbying qu'il faudra pour avoir l'organisation de la CAN en 2016", confie Belkhayat. Partant, le ministre fonde sa démarche autour de deux projets majeurs: celui de la candidature à l'organisation de la CAN et la préparation d'une équipe nationale de haut niveau pour au moins faire partie du dernier carré. D'où les différents canaux de coopération que le ministère a mis en place avec la fédération de football (FRMF). Mais comment en est-on arrivé à la situation actuelle dans laquelle végètent de nombreuses disciplines sportives? La réponse est sans équivoque: "Entre autres choses qui ont fait que le sport a perdu de sa superbe au Maroc, il y a le retrait de l'autorité de l'Etat", regrette Belkhayat. En conséquence, "on récolte les résultats d'une absence de politique dédiée au sport". Aux yeux du ministre, "la lettre royale (ndlr : Assises nationales du sport, tenues en octobre 2008) livre un diagnostic précis et propose des orientations pour sortir la tête de l'eau et restructurer le sport". La lettre royale est en ce sens une feuille de route pour la nouvelle équipe.



Parmi les pistes de réforme retenues par le département de la Jeunesse & Sports, les Centres socio-sportifs de proximité intégrés (CSPI).



• CSPI



L'objectif à court terme est de construire 350 centres. A l'horizon 2016, leur nombre devra atteindre 1.100 unités à travers tout le pays. Cette démarche vise à élargir la base des pratiquants du sport (écoliers, femmes, fonctionnaires, professionnels ) afin de promouvoir la culture du sport dans les quartiers. La particularité de ces CSPI est qu'ils seront cédés en gestion à des privés. Ce qui devra générer tout un écosystème financier, de l'emploi et du business autour du sport. Le ministère oeuvrera pour assurer les moyens financiers et humains nécessaires pour la gestion de ces centres.



• Financement



En plus du budget de l'Etat, qui est revu à la hausse (il passe de 0,6 à 0,8%, soit 1,4 milliard de DH, la nouvelle politique consiste à générer d'autres sources de financement à travers des moyens créatifs tels que la valorisation du patrimoine foncier du MJS, l'augmentation des ressources du FNDS et la création d'une régie publicitaire pour le sponsoring via la filiale Sonarges (Société nationale de réalisation et de gestion des stades), qui est le bras armé de la mise en application de la politique de la tutelle.



• Animateur sportif



La relance de l'Institut royal de la formation des cadres (IRFC) s'inscrit en droite ligne de la stratégie du ministère en matière de formation. La formation revêt d'ailleurs une importance capitale dans la promotion et le développement du secteur de la jeunesse et des sports. L'Institut accueille actuellement 180 étudiants. Il devrait connaître un important changement en matière de formation académique continue dans la mesure où ce dernier permettra aux étudiants, non diplômés, mais jouissant d'une bonne expérience, d'accéder à un cursus de formation de 2 ans, sanctionné par un diplôme d'animateur sportif.



• Doubler le nombre de licenciés



La stratégie Belkhayat ambitionne de doubler le nombre de licenciés aux activités sportives pour passer de 260.000 actuellement à 520.000 à l'horizon 2016. Mais aussi permettre l'accès pour tous les citoyens à des infrastructures sportives de qualité (CSPI) gérées par des éducateurs socio-sportifs, dans un rayon de 5 km au maximum dans le milieu urbain et pour tous les 20.000 habitants en milieu rural.



• Une loi EPS



Le projet de loi adopté en septembre dernier relatif à l'éducation physique et sportive vise la réforme de l'actuel cadre juridique du sport, l'harmonisation de l'arsenal juridique du sport avec les législations sportives internationales. Mais aussi le renforcement de la compétitivité et de la transparence chez les acteurs sportifs, la promotion de l'investissement privé dans le sport. Sa vocation répond également au besoin de création d'un cadre relatif au sport professionnel, tout en régissant certaines pratiques (l'arbitrage, la profession d'agent de joueurs ).



• Loi antidopage



La loi relative à la lute contre le dopage est dans le calendrier de travail du gouvernement. Son adoption permettra de mettre en place un arsenal à même de remédier aux cas de dopage avérés. Pour cela, elle prévoit des sanctions disciplinaires et des sanctions pénales. En vertu de cette loi, "est puni d'un emprisonnement de six mois à un an et d'une amende de 10.000 à 50.000 DH ou de l'une de ces deux peines seulement, le fait de s'opposer à l'exercice des fonctions dont sont chargés les agents et les médecins accrédités".



• Loi anti-hooliganisme



Pour lutter contre le vandalisme suite aux incidents que connaissent particulièrement les matchs de foot, une batterie de mesures ont été prises. La nouvelle loi devra poursuivre les auteurs de toute forme de violence dans et autour des stades. Elle devra également pénaliser le port ou l'utilisation de tout objet de nature à porter préjudice aux personnes et endommager les équipements.



• Athlétisme



Un travail de fond est mené actuellement par la fédération (FRMA). Il consiste à bâtir une stratégie de mise en place de l'infrastructure. En plus de l'académie Mohammed VI à Ifrane, 5 centres de formation sont en cours de construction. Le ministère a signé un partenariat avec la fédération à travers l'IRFC. Ce partenariat consiste en la mise à la disposition de la fédération 60 cadres et techniciens en athlétisme sur 3 ans.


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