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Le fascinant Mr Fullone

Source : telquel

Le coach argentin du Raja, en offrant au club la Coupe arabe des champions, a confirmé son statut de héros du peuple rajaoui. Portait d'un homme haut en couleurs.


Oscar Fullone, la soixantaine altière, est bien plus qu'un simple entraîneur de football. Pour beaucoup de supporters du Raja, c'est tout simplement un mythe. En Côte d'Ivoire, une ribambelle de gamins répond aujourd'hui au prénom d'Oscar, en hommage au passage de l'Argentin à l'ASEC Abidjan dans les années 90. Un statut qu'il doit avant tout à son incroyable palmarès. Lors de son premier passage avec les Verts en 1999, il remporté deux titres de champion du Maroc, une ligue des champions héroïque contre l'Espérance de Tunis, une Super coupe d'Afrique et, une coupe afro- asiatique, le tout en à peine plus d'un an. Il revient au Raja en 2005 et empoche une ligue des champions arabes. Entre-temps, l'homme a eu un parcours chaotique, qui l'a amené des Émirats arabes unis à la Libye en passant par l'Afrique du Sud, le Burkina Faso, l'Egypte et la Tunisie. Sans oublier un passage par le WAC en 2000 avec lequel il remporte une Coupe du trône et une coupe des coupes. Un « père » au palmarès immense. C'est bien simple : on ne peut rien gagner de plus. Oscar Fullone, c'est officiellement l'entraîneur le plus titré d'Afrique, le troisième au niveau mondial. Alors, globe- trotter génial ou mercenaire avisé ? C'est surtout un diplômé en psychologie qui s'appuie sur son immense connaissance des hommes pour en tirer le maximum très rapidement. "C'est quelqu'un qui impressionne son vis-à-vis, tout simplement", résume Hamid Souiri, le président du Raja. Confirmation chez P'tit Omar, directeur sportif : "Il est capable de motiver les morts, je vous jure". Son discours fonctionne particulièrement bien auprès des jeunes. Il est connu pour oser lancer dans le grand bain des gamins surmotivés qui se défoncent pour lui. Des joueurs comme Saïd Kharrazi, Amine R'bati, Mohammed Armoumen ou Hicham Aboucherouane sont là pour en témoigner. Hamid Nater aussi : "Pour nous c'est un père. Il te donne à la fois de la confiance en toi et de la liberté dans ton jeu. Avant le match, il parle à chacun de son frère ou de son père. A celui qui n'a pas de famille, il va parler de son quartier, de son pays. On entre sur le terrain dans un drôle d'état". Psychologue ou sehhar ? Lorsqu'on interroge Oscar sur son rapport particulier avec ses plus jeunes joueurs, il répond avec son inimitable accent argentin : "Mais laissez moi vous expliquer plus profondément", puis il se lance. "Si le monde ne fait pas confiance aux jeunes, alors que devient le futur ? Je veux que mon fils soit plus intelligent que moi, c'est ce qui permet au monde d'évoluer. Sinon, c'est la négation de la culture, tout simplement." Avec un tel personnage, la discussion prend rapidement des tournures étonnantes. Plus prosaïquement, Oscar est connu pour protéger ses joueurs : "Joue ton jeu. Si ça marche, tu es un héros et si tu rates ton match, Ce sera de ma faute..." Mais il sait également adapter son discours aux individus : "Je les connais tous. J'ai des introvertis, des extravertis, des joueurs qui doutent, d'autres qui ont trop confiance en eux..."Le cas Mohcine Yajour illustre parfaitement la démarche du coach. Après une coupe du monde junior brillante en Juillet dernier, le jeune rajaoui prend la grosse tête. Il part à la dérive, multiplie les excès en tout genre et finit le plus logiquement du monde par perdre son football. Oscar se contente de lui offrir...un Coran. Aujourd'hui, Mohcine Yajour, à l'entraînement, a de nouveau l'allure d'un footballeur. Alors, Oscar Fullone est-il un gourou ? Du côté de la Magana, le quartier populaire et animé du complexe, on en est convaincu. Le sehhar (sorcier) n'entre jamais sur le terrain sans un bandage à la main droite. Il contient une amulette : "C'est mon grand père qui me l'a remise pour mon premier match comme joueur. aujourd'hui, elle est recollée, plastifiée, mais je la garde toujours contre moi le jour du match". Le vieux a une âme de junior. Il faut également parler de sa célèbre casquette "junior" : "C'est mon fils qui me l'a donnée juste avant un match important. Elle était trop petite pour moi, alors j'ai trouvé la solution d'inscrire son nom sur la casquette du club". Avec Oscar Fullone, la famille n'est jamais très loin. Ce fils de footballeur professionnel ("mon idole") ne commence rien sans l'aval de sa femme et de son fils, c'est un principe de base. S'il est revenu au Raja, c'est aussi parce que son fils de 18 ans- le fameux Junior - n'a jamais été aussi heureux qu'à Casablanca. Oscar Fullone, en 2006, semble apaisé, assagi. Sa réputation de noceur est aujourd'hui hors sujet. Ce qui est intact, c'est son goût du défi, son envie de gagner. P'tit Omar raconte : "Il aime rendre les gens heureux, c'est son moteur". Mais il dispose aussi de sa part d'ombre. Ses détracteurs parlent d'un homme dur en affaires, qui claque la porte à la moindre contrariété, au moindre retard de paiement. On l'accuse aussi de griller ses plus jeunes joueurs, en les poussant à la surchauffe. On le soupçonne même de problèmes avec le fisc de son pays. Souvenirs, souvenirs. Qu'importe, ceux qui le côtoient directement sont sous le charme. Les autres comptent les titres... Au seul niveau national, il a gagné 29 coupes ou championnats. Pourquoi continuer ? "Je joue pour le public, pour les 50T000 personnes qui viennent nous voir. Mais je veux gagner aussi pour tout ceux qui sont dehors et qui ne peuvent pas payer leur place. Lorsqu'on va à Ifrane en concentration, on traverse des petits villages loin de tout et même là-bas, ils reconnaissent les couleurs du Raja, et ils nous applaudissent. Je joue pour ces gens-là aussi". Dans la bouche d'Oscar, ce qui pourrait passer pour de la démagogie sonne juste. Plus généralement, on peut dire qu'une conversation avec Oscar Fullone constitue une expérience assez passionnante. Il peut vous raconter comment, alors qu'il était entraîneur de Sheffield United en 1977, il a failli recruter Diego Maradona, comment il a convaincu le génial joueur, puis les dirigeants (qui le trouvaient trop petit) avant de renoncer à cause des lois protectionnistes de la Grande-Bretagne de l'époque. Il peut vous parler du jour ou il a vu le même Maradona jouer pour la première fois : "Il était tellement petit et maigre que j'ai cru que c'était un ramasseur de balles qui entrait sur le terrain". Il peut vous parler de Youssouf Fofana, qu'il a entraîné à Abidjan et qu'il compare à Thierry Henry. Il peut vous citer Jorge Luis Borges, l'auteur argentin, juste avant de vous expliquer qu'il a commencé à gagner le jour où il a compris qu'il lui était trop difficile de perdre. Il peut vous parler de son grand-père sicilien ou de sa passion pour la scuplture sur bois. Il peut vous parler de ses articles sur la psychologie infantile. Dans un monde hyper-formaté, où tous les discours se ressemblent, c'est un vent de fraîcheur. Il le dit lui même : “Je suis différent”. En effet...

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