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Interview avec le DTN national Fethi Jamal

Source : Le journal

Le nouveau Directeur Technique National de football choisit le mythique restaurant « La Presse » pour casser la croûte, avec au menu, des brochettes, encore des brochettes, toujours des brochettes, de viande, de foie, de cœur. Et parle de la débâcle de l'EN en Egypte, ses causes, ses conséquences…


Pourquoi « La Presse » ?


Pour la proximité. C'est tout près de chez moi. C'est l'endroit où je peux enfin décompresser en compagnie d'amis certains, des conseillers même. En plus ils font de la bonne bouffe et pour des prix raisonnables.


Comment va notre football ?


Très mal, sachant que nous n'avons pas pu décrocher une qualification pour la Coupe du Monde 2006 et cette élimination précoce et décevante de la Coupe d'Afrique des Nations en Egypte.


Vous avez récemment été nommé Directeur Technique National, quand avez-vous pris vos fonctions ?


J'ai été nommé DTN le 1er janvier 2006 et dans l'attente de la validation de mon plan d'action, je n'ai toujours pas commencé mon travail. Mais dans l'urgence, j'ai été affecté à l'encadrement de l'équipe nationale pour la CAN 2006.


Et en tant qu'encadrant, comment expliquez-vous la déroute en Egypte ?


C'est vrai, les résultats ne répondent pas aux attentes du public marocain, mais le facteur temps a joué en notre défaveur…


Le facteur temps ?


Oui, le facteur temps, dans la préparation et le choix des joueurs. Il y a aussi le facteur chance, surtout au niveau des blessures. Pendant les matchs de préparation et la préparation proprement dite, l'EN a compté pas mal de blessures…


Mais alors, pourquoi ne pas avoir remplacé avant le début de la compétition des joueurs comme Armoumen, Ouaddou et Zaïri qui n'ont pas joué une minute de cette CAN ?


Armoumen s'est blessé à l'échauffement pendant le match contre la Côte-d'Ivoire. Quant aux autres, je pense que M'Hamed Fakhir et le médecin de l'équipe, Boujemaâ Zahi, ont établi ensemble la liste des joueurs récupérables avant de s'envoler pour l'Egypte. Durant cette CAN, l'EN a tourné avec uniquement 15 joueurs valides.


En parlant de facteur chance, un ex-membre du bureau fédéral nous affirmait il y a six mois de cela, que Zaki avait eu 100% de chances durant la CAN 2004. Et Fakhir ?


Zaki a eu de la chance, mais il avait aussi des joueurs qui s'étaient préparés dans les meilleures conditions possibles, sans oublier sa touche personnelle.


Est-ce à dire qu'il ne fallait pas virer Zaki à trois mois d'une CAN ?


A ce que je sache, Zaki n'a pas été viré, mais il a démissionné, chose qu'il n'aurait pas dû faire à trois mois de cette CAN, qui était notre Coupe du Monde à nous.


On l'a tout de même poussé vers la sortie ?


Je ne suis pas au courant. Quant aux joueurs, ce sont pratiquement les mêmes que Fakhir a récupérés et en a fait l'ossature de l'équipe. C'est sûr que M'Hamed a récupéré la majorité des joueurs, tout en réintégrant Naybet, l'ancien capitaine de cette équipe, et en faisant confiance à ses convictions d'entraîneur. Je parle notamment du choix de nouveaux joueurs, qui, pour lui, pouvaient donner un plus à cette ossature, argumentant ses choix par la compétitivité des joueurs et leur degré de polyvalence.


Vous voulez parler d'Ouchela, Abdessadek et El Jarmouni ?


Pas seulement, mais aussi d'Aboucherouane, Armoumen, Madihi et Chippo. Seulement, l'ossature laissée par Zaki, à l'exception de Moha Yaâcoubi Et Walid Regragui, manquaient de compétition et de rythme, et n'étaient pas titulaires a sein de leurs clubs.


Ce sont donc ces joueurs, l'ossature, qui n'étaient pas au niveau à cette CAN ?


Toute l'équipe ne fut pas à son niveau initial. Elle a un meilleur potentiel.


Pourtant, Naybet et Moha ont laissé une bonne impression… Je ne juge pas les individualités, mais un groupe.


Quelle aurait été alors la solution pour ne pas se faire éliminer au 1er tour ?


Il ne fallait pas que Zaki démissionne et, le cas échéant, que le nouveau ait un maximum de temps pour préparer l'échéance, avec davantage de matchs amicaux. Les joueurs ont justement relevé que trois matchs amicaux (contre le Congo, le Zimbabwe et l'Angola) en dix jours, c'était beaucoup trop, sachant qu'ils avaient pratiquement tous les jambes lourdes… Les matchs amicaux, il fallait les programmer juste après l'élimination du mondial 2006 où il y avait deux dates FIFA et pas une semaine avant la CAN.


La faute à qui, aux membres du Bureau fédéral, à la Fédé ?


De par ma position, je ne peux répondre à cette question. J'estime juste que la nomination et le limogeage de Troussier étaient pour beaucoup dans la catastrophe égyptienne.


On a beaucoup parlé du fait que Fakhir, malgré ses compétences, n'a eu aucune emprise sur ses joueurs en Egypte, qu'ils s'étaient regroupés en clans…


Pour une bonne maîtrise et une bonne connaissance du groupe, il faut du temps. Fakhir est un entraîneur rigoureux et intransigeant, mais il reste que ce sont des joueurs qui se sont habitués à d'autres entraîneurs, à qui il fallait un temps d'adaptation mutuelle suffisamment long.


Fakhir a-t-il fait des mauvais choix lors de la constitution de sa liste ? On pense surtout à la convocation de Boussaboune, mais aussi à la mise à l'écart de Skitioui, Allioui ou encore Boukhari ?


Je pense que M'Hamed a reconnu que sa marge d'erreur dans ses choix était importante. C'est courageux de sa part et je précise encore une fois que le facteur temps a joué en sa défaveur.


On a même dit que lors d'une séance d'avant-match, il a fait tirer au sort par ses joueurs la tactique avec laquelle il allait jouer ?


Je ne suis pas au courant. ça, je le jure.


Lors des trois matchs du 1er tour, il a successivement joué en 4-4-2, puis 3-5-2 et enfin en 4-3-3. En tant que tacticien, comment l'expliquez-vous ?


Les choix de M'Hamed sont à respecter. Il fallait gérer les trois matchs en fonction des rapports de force face à l'équipe adverse. Contre les favoris du groupe, la Côte-d'Ivoire, avec son armada de joueurs pros et son système, le 4-5-1, convertible en 4-3-3, un 4-4-2 était pour moi le dispositif le plus adéquat. Il fallait juste que les joueurs répondent présent ce jour-là. Quant à l'Egypte, tant la tactique que le choix des joueurs étaient judicieux, mais il n'y pas eu d'efficacité, les joueurs n'y ont pas cru. La combativité y était, mais ils n'ont pas su battre cette équipe qui était largement prenable. Enfin, le match contre la Libye est un match à oublier, c'était le plus mauvais de l'EN. L'absence flagrante d'un esprit de groupe a été fatale.


Et comment l'expliquez-vous, cette absence d'esprit de groupe ?


Les joueurs ne croyaient plus en la qualification. Dans leur tête, ils étaient déjà éliminés.


On a également parlé de conflits et de clanisme à l'intérieur du groupe, avec notamment l'ingérence de certains agents de joueurs dans la vie du groupe qui faisaient quasiment la pluie et le beau temps ?


Il est normal qu'il y ait des sous-groupes au sein d'une EN, avec des jeunes qui se comprennent, se connaissent, ont une même culture, parlent une même langue. Ceci dit, je ne pense pas qu'il y ait eu conflits graves entre joueurs…


Entre joueurs et Fédé ?


Il y a effectivement eu un petit incident, une incompréhension de la part de trois joueurs qui font l'objet d'un contrat de sponsoring avec un annonceur marocain, qui ont pensé que le litige entre le sponsor officiel et la Fédé les concernait. Mais ça s'est vite arrangé.


Fakhir s'est-il « grillé » en acceptant le poste quinze jours seulement avant le début de la compétition ?


Pouvait-il dire non en l'état des choses ? C'est une question de devoir national.


Comment expliquez-vous qu'on n'ait marqué aucun but en trois matchs ?


Par le peu de compétitivité des joueurs, la malchance ainsi que le manque de confiance en soi. Actuellement, un gars comme Eto'o marque quand il veut et dans toutes les positions possibles.


Fethi Jamal, futur entraîneur de l'EN ?


En ma qualité de technicien ambitieux, j'espère un jour prendre en main l'EN, mais pas pour le moment. Le temps venu, il faudra que ce soit dans des conditions meilleures, avec des objectifs mesurables, précis et raisonnables.

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