Jeudi prochain, Fabien Barthez comparaîtra devant la commission centrale de discipline de la FFF pour l'affaire du crachat sur l'arbitre marocain Abdellah El Achiri lors du match amical de OM-Wydad.
Maroc-football.com vous propose de revenir en cinq questions-réponses sur cette affaire qui continue à défrayer la chronique d’un côté comme de l’autre de la Méditerranée.
La fédération royale marocaine de football n’étant pas habilitée à sanctionner un joueur français, elle a transféré son dossier à la fédération Française de Football (FFF).
Au sein de la FFF, l’instance compétente est la Commission Centrale de Discipline (CCD). Elle est composée de cinq membres au moins « choisis en raison de leurs compétences d'ordre juridique ou déontologique ».
Comment se déroulera la procédure ?
Les faits reprochés à Fabien Barthez sont passibles d’une suspension ferme égale ou supérieure à six mois. Le règlement disciplinaire de la FFF impose dans ce cas une phase dite d’ «instruction ». Pour sa défense, Fabien Barthez peut présenter des observations écrites ou orales et se faire assister par un conseil de son choix.
Lors de l’instruction, la CCD peut entendre toute personne dont l’audition lui paraît utile. Dans ce cadre elle a convoqué l’arbitre marocain Abdellah El Achiri pour témoigner dans la séance du 21 Avril. Mais ce dernier n’a pas souhaité répondre à cette convoquation .
Selon toute vraisemblance la décision sera rendue le jour même. Mais les membres de la CCD peuvent mettre la décision en délibéré. Dans ce cas ils doivent se prononcer dans un délai maximum de trois mois.
Que risque le gardien de l’OM ?
Les dépositions de l’article I.5 du règlement disciplinaire sont applicables dans cette affaire. Cet article fixe en effet les sanctions pour les faits suivants : Bousculade volontaire , Tentative de coup(s),- Crachat(s).
Si ces faits ont été commis à l’encontre d’un officiel, le joueur est puni de « 6 mois de suspension ferme incompressible et susceptible d'être aggravée – selon l'appréciation des faits – d'une peine pouvant être assortie du sursis ».
A noter que le règlement est particulièrement sévère dans le cas des infractions commises à l’encontre des officiels. Pour la même infraction (crachat) le joueur n’est puni « que » d’une suspension de deux matchs si la victime est un autre joueur.
Pourra-t-il faire appel ?
Oui. Le joueur peut interjeter, dans un délai de dix jours, un appel auprès de la « Commission Supérieure d'Appel ».
L’appel est suspensif, c'est à dire que la décision contestée n'est pas mise en application tant que l'appel n'est pas tranché ... Si le joueur mis en cause fait appel lui même, il aura la garantie que la sanction contestée ne sera pas aggravée par la « Commission Supérieure d'Appel ».
Fabien Barthez sera-t-il justiciable comme n’importe quel autre joueur ?
« Oui ! Ni mieux, ni plus mal » assure Jean-Pierre Escalettes, président de la FFF.
Cependant certains milieux français trouvent des circonstances atténuantes au comportement du joueur. Les incidents se sont produits en match amical, qui plus est se jouait au Maroc (sic !) devant une équipe adverse violente et un public hostile. Le moins qu’on puisse dire que ces justifications sont éthiquement et moralement contestables.
Le club du joueur a affiché, dès le début, une fermeté exemplaire. Des sanctions en interne ont même été prises. Les choses ont changé depuis qu'est apparue possible la suspension du gardien de l’OM. Certaines déclarations peuvent être interprétées comme des tentatives de pression sur la FFF. C’est le cas de l’entraîneur, Philippe Troussier, qui a affirmé que la suspension de Fabien Barthez serait de nature à « fausser le championnat ».
Fabien Barthez lui même se refuse à s’excuser publiquement. L’international français n’a pas hésité à aggraver son cas en déclarant « Je ne me sens pas coupable du tout. Je ne le regrette pas. On est des hommes et comme on dit, on en a entre les jambes ».
Ce qui lui a valu une désapprobation méritée. Son ancien coéquipier en équipe de France, Lilian Thuram y va sans détour : « Ce n'est pas parce que quelqu'un a la Légion d'honneur qu'on doit le juger autrement ».
Blessé par le refus de Fabien Barthez de s’excuser, Abdellah El Achiri demande que justice soit rendue ! « Je souhaite que justice soit faite, qu'il y ait une sanction. Une sanction raisonnable » a-t-il déclaré.
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