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Le Barca est aussi Marocain…

Source : Le journal

Plus d'un siècle après sa création, le FC Barcelone découvre finalement ses fanatiques de l'autre côté de la méditerranée.


« Le Barca est aussi Marocain… ». Lorsque Joan Laporta, jeune président du FC Barcelone prononce ces quatre mots, toute la salle se lève, applaudit et entame des chants qu'on n'a l'habitude d'entendre que sur les petits écrans les jours où rien ni personne ne résistent au club Catalan. D'ailleurs, tout au long de son allocution, Laporta sera interrompu par des « Visca Barca » (Vive le Barca en catalan) et Campeones (Champions) lancés par un public excité et ravi de voir enfin, en chair et en os, le président de son club mythique. Peu avant son arrivée, ils étaient des centaines à attendre dans le hall ainsi que dans les différents salons du Mövenpick de Tanger. Femmes, enfants, jeunes, vieux, riches ou pauvres, ils étaient tous là, tenant des fanions, des écharpes ou tout simplement des posters aux couleurs du FC Barcelone.


Le Real, le concurrent maudit


Dans la foule, quelques têtes rapidement reconnues par les « catalans » qui n'hésitent pas à les aborder pour les chambrer. « Mohamed ? Qu'est-ce que tu fais ici, toi le grand supporter du Real de Madrid ? », ou alors « Je sais que tu es du Real, alors un petit conseil : Je ne veux pas te voir à moins de 50 mètres de notre Président », ou bien encore « ça fait du bien que tu sois ici. Je suis presque sûr qu'à la fin de la soirée tu deviendras Barcelonista »… Cela faisait longtemps que les supporters du Barcelone attendaient la création d'un fan club.


Depuis toujours, des correspondances existaient entre les fervents supporters Tangérois et le club catalan, mais il a fallu attendre qu'un jeune quadra soit à la tête du club pour que le rêve devienne réalité. L'arrivée de Laporta a été annoncée il y a quelques semaines et très vite un président, en la personne de Abdelmalek Samadi, directeur d'une agence bancaire, a été désigné pour représenter le fan club. « C'est vrai que cela a été vite fait, avoue-t-il. Nous ne sommes pour l'instant qu'une quarantaine à avoir constitué la Peña, mais tout le monde demande à y être intégré ». Les statuts ainsi que la charte du fan club sont déjà en cours de rédaction et apparemment, il ne sera pas difficile à une personne d'intégrer la structure. « Une fiche anthropométrique, une cotisation pour gérer les locaux, les factures d'électricité, du téléphone et du fax et surtout, surtout, être supporter du Barca ».


Dans le Hall de l'hôtel, on parle déjà de la façon dont on va s'organiser avec les autres fans clubs avec lesquels Laporta s'apprête à signer une convention. « Avec Chaouen, Rabat et Casablanca, explique ce membre fondateur, il faudrait que nous nous rencontrions bientôt pour d'abord faire connaissance et établir ensuite un plan de travail ». En effet, rien n'est encore définitivement établi mais les objectifs de la Peña sont clairs : Un rapport étroit avec le club de Barcelone, des échanges culturels, des visites organisées dans les villes où le fan club existe, des voyages à Barcelone pour voir évoluer les blaugrana et surtout, la création d'une école de formation pour les jeunes.


Joan Laporta a un léger retard. Ayant passé la journée à Chaouen, où il a signé une convention avec la Peña locale, il a eu du mal à quitter la ville qu'il venait de découvrir pour la première fois. « Je ne savais pas qu'il existait un endroit aussi féerique, dira-t-il plus tard pour s'excuser ». Son arrivée étant prévue à 20H00, il ne viendra finalement que vers 21H30 où il trouvera une foule surexcitée qui le retiendra plusieurs minutes et à l'entrée et dans le hall de l'hôtel avant de le laisser rejoindre une salle de conférence archicomble. Le premier à le saluer, Mohamed Larbi Bouras, président de l'IRT (le club local), fervent supporter du Real de Madrid et désigné pour l'organisation de la venue de Laporta à Tanger. « Etre fanatique du Madrid, justifie-t-il, ne veut pas dire ne pas s'intéresser à la venue du président du FC Barcelone. Cet événement honore la ville et le pays, alors soyons sportifs et prouvons une fois de plus que le sport et la culture plus qu'autre chose contribuent à rapprocher les peuples ».



Un dîner somptueux


La signature de la convention est vite signée. Après la poignée de mains entre Laporta et Abdelmalek Samadi, l'hymne du Barca est entamée par une salle émue. Seuls ceux du Real s'abstiennent, probablement parce qu'ils connaissent les paroles d'une autre hymne mais pas celles du chant catalan. Une émotion qui se lit nettement sur le visage du Président Laporta qui dira, avant de quitter la salle : « Nous sommes très contents d'être ici. Merci pour l'accueil et sachez que nos espérances ont été largement dépassées ». Un peu plus tard, un dîner sera offert par la commune de Tanger-Tetouan en l'honneur de la délégation catalane. Une quinzaine de tables dressées et de nombreux cadeaux-souvenirs offerts par les officiels. Toujours disponible, Laporta demandera à la fin du dîner de faire le tour des tables pour que chaque supporter puisse se faire photographier avec lui. Un moment intense qui durera une heure et pendant lequel la plupart des fans présents réaliseront leur plus beau rêve ; celui de serrer la main et de garder une photo souvenir avec un des membres de leur club favori. Mais pour rester fidèle à notre réputation historique qui veut que rien ne se passe bien de bout en bout, l'incident viendra de la dernière table que Joan Laporta rejoindra. Ayant un peu trop forcé sur le vin, un supporter du Real se fera photographier à deux reprises en compagnie du Président avant de l'insulter devant son épouse et les membres de la délégation catalane. « Ce n'est pas très grave, dira plus tard Laporta, c'est un peu dommage mais c'est toujours le même comportement avec ceux du Real… ». L'incident sera vite oublié, des supporters de Madrid viendront présenter des excuses et Laporta, malgré la fatigue (il est déjà 01h00 du matin), acceptera de donner une interview à la télévision.


Avec la venue de Laporta a Tanger, un pas est finalement franchi. Ayant vu le jour il y a 105 ans, le FCB compte des supporters du nord du Maroc depuis sa création. Plus d'un siècle plus tard, une convention liant le club à ses fans de l'autre côté de la méditerranée est signée et ce n'est que la suite logique d'une belle histoire d'amour. En attendant peut être que Florentino Pérez, président du club de Madrid vienne signer une autre convention entre la ville et le Real. Parce qu'elle le vaut bien.


Yassine Zizi

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