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Pourquoi le Royaume doit organiser le Mondial 2010 !

Source : Le Matin

Candidature marocaine

Notre démarche n’est pas de revenir et rappeler tout l’argumentaire tant éculé et détaillé ici et là par d’éminents journalistes ou d’excellents analystes sur les capacités du Maroc à abriter la plus populaire des manifestations sportives.


Néanmoins, il nous a semblé que certains aspects en faveur de la candidature du Maroc n’ont pas été suffisamment mis en avant, et qu’il convenait de rappeler et d’analyser même brièvement, compte tenu des circonstances et de l’espace.
Pour ma part, je retiendrai trois aspects en faveur de la candidature du Maroc à l’organiation du Mondial 2010 : 1. "Légitimité" historique ; 2. "Légitimité" géopolitique ; et enfin "légitimité" économique.


1. Le Maroc est le seul pays d’Afrique, au même titre que certains pays d’Amérique latine, ou d’Europe –telle l’Angleterre , où le football a vu le jour – a se targuer d’avoir une riche et glorieuse histoire footballistique.
Le Maroc a été le 1er pays d’Afrique à se qualifier aux phases finales d’un Mondial, en l’occurrence à celles qui se sont déroulées au Mexique , en 1970.
Malgré des conditions de séjour et d’entraînement catastrophiques , le Maroc, pour sa première participation aux phases finales d’un Mondial, a fait plus que de la figuration. Pendant près de 60 minutes, il a tenu en échec l’un des éternels favoris des Coupes du monde - la sélection allemande - en menant par un but à zéro !
En faisant jeu égal avec un autre Goliath du football, la Bulgarie, les coéquipiers de Allal ont totalement démystifié la domination des Européens sur le ballon rond. Par sa présence insolite au Mondial du Mexique, le Maroc a fait voler en éclat le mythe de la bipolarisation de monde footballistique, et montré la voie à d’autres nations, en particulier asiatiques ou encore les Etats-Unis , que le football est devenu un «patrimoine international» auquel n’importe quel peuple ou nation peut prétendre, pour peu qu’il se donne les moyens pour y accéder.


Or dans le chapitre des moyens, le Maroc en a à revendre : une jeunesse (garçons et filles) surdouée, dont une partie évolue avec brio et sans complexe dans les meilleurs clubs d’Europe , un public enthousiaste mais exigeant - parce que connaisseur ; des équipements plus que satisfaisants, eu regard des moyens dont dispose le pays, mais suffisamment et largement sécurisant, comparativement aux stades latino-américains, où même européens (rappelez-vous les nombreuses catastrophes survenues dans les stades de Londres et de Bruxelles !) ; enfin, et pas des moindres, la volonté et la ferme détermination du pouvoir politique au Maroc, en la personne de son auguste Roi, Premier Sportif de la Nation, à faire hisser haut le drapeau national dans toute manifestation sportive internationale, à chaque fois que cela s’avère possible ou nécessaire.


Les exploits historiques de Nawal El Moutawakil, 1ère femme arabo-africaine, à se hisser au sommet du podium, ou d’un Saïd Aouita, cinq fois recordman du monde, ou tout récemment El Guerrouj, n’ont laissé personne insensible.
Mais bien avant eux, il y a près d’un demi-siècle - déjà ! - un autre athlète de haut rang, le 1er joueur de football a être qualifié de "Roi du football" , ce n’est ni un Brésilien ou un Européen, mais bien un … Marocain ! – en la personne de Larbi Mbarek !


Mais ne nous méprenons pas ! Si l’Afrique peut se féliciter aujourd’hui d’avoir cinq représentants à la plus grande "confrontation" intercontinentale, c’est après une longue et laborieuse lutte et une obstination à la Sisyphe, dont le Maroc n’a jamais cessé de faire preuve, surtout depuis son élimination des phases finales du Mondial de 1962 qui se sont déroulées au Chili, après avoir été forcé de jouer les matches de barrages contre l’Espagne !


Après avoir disputé et gagné douze matches qualificatifs contre les ténors du football africain (le Ghana, le Sénégal… ), il eut été légitime pour l’équipe marocaine de jouer dans la cour des grands, mais c’était sans compter sur l’esprit machiavélique et les calculs bassement mercantiles du staff dirigeant de la FIFA de l’époque, qui obligèrent la sélection africaine à jouer un match de barrage - (c’est le cas de le dire !) contre l’Espagne, qui donna l’occasion, (malgré une courte défaite, un à zéro), aux coéquipiers d’Akesbi de faire étalage de tout leur savoir-faire.


Le Maroc manifestera son indignation et son mécontentement par un appel aux autres pays africains a boycotter les prochains jeux mondiaux qui eurent lieu en Angleterre en 1966, sans la participation d’aucune équipe africaine. Cette détermination du Maroc à faire avancer le dossier des réclamations légitimes des instances sportives des pays africains, appuyée en cela par les belles prestations de l’équipe nationale marocaine de football à chacune de ses participations, puisqu’il fut le remier premier pays africain à accéder aux huitièmes de finales, ont eu pour conséquences certaines, de faire progresser le football en Afrique de façon générale, et la cause du football africain auprès des instances de la FIFA en particulier.


2. Si le Maroc a été le premier à présenter le continent africain aux phases finales de la Coupe du monde, et qu’il fut également le 1er à accéder au second tour, et qu’il fut le 1er pays africain à oser présenter un dossier de candidature, malgré les railleries ici et là sur une démarche quelque peu fantaisite, c’est parce qu’il est – de par sa position géostratégique - le 1er pays de l’Afrique.


Cette dimension est loin d’être négligeable. Les portes de l’Afrique s’ouvrent et se ferment sur le Maroc. Aucun pays africain candidat à l’organisation de la Coupe du monde ne peut faire valoir cet avantage. Le Maroc a lui seul est un continent de par ses diverses facettes, tant historiques que géographiques que culturelles ou ethniques, sur lesquelles il serait fastidieux de revenir ici, puisque là n’est pas notre propos.


Cette diversité et cette ouverture sur l’autre, le Maroc en a fait un choix irréversible, qu’il traduit concrètement et régulièrement par des conventions et des actes sur le terrain. Ainsi, il a été le 1er pays arabo-africain a souscrire aux règles du commerce international, en prenant part de façon active aux travaux du GATT, qui sera «enterré», suite aux disposition de «l’accord de Marrakech» d’avril 1995, pour laisser place à l’O.M.C.


Par ailleurs, le Maroc est lié à un grand nombre de pays ou de groupe de pays, par des accords d’association ou de libre échange. L’Union européenne, avec ses cinq représentants au sein de l’instance dirigeante de la FIFA, dispose là d’une autre occasion exceptionnelle de faire valoir le choix communautaire plutôt que des voix individuelles, l’union et la cohésion, plutôt que la division et l’inconhérence, et surtout poser les jalons d’une «Politique sportive commune», à l’instar de la Politique agricole commune (PAC).


Les représentants de l’Union européenne, en reportant toutes leurs voix sur la candidature marocaine, seront en pleine adéquation avec l’esprit de “ Barcelone ”, et les termes de l’accord d’association signé entre le Royaume du Maroc et les 15 pays de l’Union européenne, en 1996.


Ce vote européen homogène sera une traduction dans les faits du partenariat euro-méditerranéen, et non un simple protocole d’accord signé entre technocrates, qui restera lettre morte.


Toutes les composantes de la société marocaine sont «légitimement» en droit d’espérer une position claire et sans ambiguïté des représentants de la Suède et de l’Allemagne, comme ce fut le cas des représentants de l’Espagne et de la France, et dans une moindre mesure, celui de la Belgique.
La discipline du vote des représentants des pays européens doit obéir à la logique communautaire et ses engagements de contribuer à faire du bassin méditerranéen un havre de paix de stabilité et de prospérité.


3. A cette «légitimité» politique, l’ancrage du Maroc à l’Occident et à l’économie de marché, tous les Marocains justifient la candidature de leurs pays par une autre «légitimité», celle-ci est d’ordre économique.


L’obtention par le Maroc de l’organisation de la Coupe du Monde, scellera définitivement l’intégration de son économie et de son système politico-social dans une logique mondiale, pourtant, loin de lui être totalement favorable.
Ici et là quelques rares voix très timides osent parler des effets collatéraux de zones de libre-échange, (ZLE). Malheureusement, les faits-têtus- sont là. Notre tissu industriel, composé à plus de 95% de PME/PMI, sera immanquablement sacrifié à plus de 50%, sur l’autel, d’une part de la mondialisation et de la globalisation des échanges internationaux et d’autre part, de l’élargissement de l’Union européenne aux dix pays de l’Est . Les programmes MEDA (I et II), quels que soient les montants alloués, très insignifiants au demeurant (1) - ne compenseront en rien les fermetures d’usines et les pertes d’emploi qui s’en suivront.


Seule une politique économique et sociale cohérente avec des objectifs à terme et une allocation de ressources judicieuse et conséquente, pourront mettre à niveau nos structures face au démantèlement tarifaire de l’ouverture de nos frontières tous azimuts.


Plus que n’importe quel accord d’association ou de ZLE, l’organisation de la Coupe du monde par le Maroc lui assurera indéniablement un véritable décollage économique, avec un changement drastique et tangible dans les méthodes de travail et de comportement de ses citoyens.


Les flux financiers très importants qui transiteront par l’ensemble du marché du sport, (confection d’articles de sports, infrastructures sportives et routières, équipements… ), renforceront les interactions les plus dynamiques entre «sport et économie», et partant, entre «sport et développement». La confirmation de l’organisation de la Coupe du monde par le Maroc, découlera en fin de compte d’une logique toute simple, il s’agit d’un projet collectif de tout un peuple et d’une Nation, et qu’il sera malheureux de les spolier ou de leur faire haïr cet autre bien collectif –qu’est le sport.


* Economiste et chef d’entreprise


1) MEDA 1, (1996-1999) : 616,835 M euros, répartis sur 24 projets
2) MEDA II, (2000-2006) : 485,395 M euros, répartis sur 12 projets.



Mohamed Lansari (*)

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